Coiffe des rotateurs

FICHE D’INFORMATION

Madame, Monsieur,

Vous allez être opéré(e) d’une rupture des tendons de votre épaule ou rupture de la coiffe des rotateurs.

Cette rupture peut être survenue à la suite d’un traumatisme. Elle peut se développer par l’usure progressive d’un ou de plusieurs tendons de votre épaule liée au vieillissement naturel de ceux-ci, aggravée, dans un certain nombre de cas par votre type d’activité professionnelle et par la morphologie naturelle de votre épaule, en particulier celle de l’acromion.
Cette rupture est à l’origine, de façon variablement associée, de douleurs, en particulier nocturnes, d’une diminution de votre force musculaire et d’une perte des amplitudes articulaires de votre épaule. 

Vous avez été traité(e) préalablement avec plus ou moins de succès par de la rééducation, des infiltrations, diverses médications.
Un bilan radiologique comportant des radiographies standard, une IRM ou un arthroscanner, a confirmé l’importance et le type de rupture de vos tendons.

Cette rupture est une atteinte sévère de votre épaule.
L’absence de traitement conduira, dans un grand nombre de cas, à une aggravation de la rupture initiale, à une impotence fonctionnelle croissante, à une excentration de la tête humérale face à la glène de l’omoplate et, à terme, à une arthrose.

Vous avez décidé de vous faire opérer en accord avec votre médecin traitant, votre rhumatologue et votre chirurgien.
Le but de l’intervention est de réparer la rupture de vos tendons en les refixant sur leur zone d’insertion initiale tout en dégageant la voûte sous acromiale par la résection d’une partie de l’acromion.
L’intervention peut se réaliser sous arthroscopie ou par chirurgie à ciel ouvert, la voie d’abord étant adaptée à la taille et au siège de la rupture.
Elle peut se faire sous anesthésie générale, sous anesthésie loco-régionale ou les deux. Votre anesthésiste vous en informera.
La durée de l’intervention varie entre 1h et 1h30 selon la technique utilisée et la difficulté de la réparation des tendons.

Vous êtes installé(e) soit sur le côté soit en position assise.

Le but de l’intervention est de fermer la brèche au sein des tendons de la coiffe des rotateurs qui expose le trochiter et le cartilage articulaire.

A la fin de l’intervention, un drain est mis en place pour éviter les hématomes.

Une attelle, le plus souvent coude au corps, parfois en abduction, est placée pour mettre votre bras au repos et obtenir la cicatrisation de vos tendons qui se fait, en moyenne, en 6 semaines post-opératoire.

Après l’intervention, vous séjournerez en salle de pré-réveil puis en salle de soins post-interventionnelle (S.S.P.I.) où seront continués, démarrés, divers traitements anti-douleurs, anti-inflammatoires, antibiotiques.

Vous regagnerez votre chambre lorsque votre anesthésiste aura jugé que votre état de santé permet de le faire en toute sécurité.

Les soins démarrés seront continués dans votre secteur d’hospitalisation. Vous verrez votre chirurgien le soir de l’intervention, puis tous les jours, à défaut le chirurgien de garde.

En fonction de la chirurgie réalisée, de la qualité de vos tendons et de la réparation chirurgicale, la rééducation sera démarrée le lendemain de l’intervention par le kinésithérapeute affecté à votre unité d’hospitalisation ou sera différée de plusieurs semaines.

La douleur post-opératoire, malgré le traitement médical et en particulier les pompes à morphine, peut être importante pendant 48h puis va s’estomper progressivement.

Votre sortie s’effectuera vers le 3ème à 5ème jour post-opératoire soit vers votre domicile ou un centre de convalescence avec éventuelle rééducation.

Vous serez revu(e) à 6 semaines de l’intervention pour un contrôle clinique de la progression de votre récupération en terme qualitatif et quantitatif en s’intéressant, à la douleur, à la raideur résiduelle.

Dans les meilleurs cas la récupération peut se faire en 3 mois, en moyenne en 6 mois, dans les formes sévères en 1 an.

La récupération d’une fonction normale de votre épaule est notre objectif mais loin d’être régulièrement observée.

Une épaule opérée peut garder quelques douleurs à l’effort, une fatigabilité, un certain degré de raideur et une perte de force musculaire qui peut aller jusqu’à 25 % de la force de l’épaule contro-latérale.

Ceci peut poser des problèmes par rapport à votre avenir professionnel.

Votre entrée en chirurgie est un moment sérieux de votre existence. L’épaule est une articulation fondamentale dans votre fonction puisqu’elle permet à la main de se déplacer dans tous les plans de l’espace avec différents degrés de contrainte.

La chirurgie est une chirurgie délicate, le résultat fonctionnel est souvent long à acquérir, parfois imparfait. L’équipe médico-chirurgicale qui va vous prendre en charge a pour seul but d’obtenir le meilleur résultat fonctionnel, en fonction des données actuelles de la science, au prix d’un minimum de complications.

Malgré ceci un certain nombre de complications peuvent survenir dont nous vous informons.

EN PRÉ-OPERATOIRE :

  • une plaie artérielle, veineuse ou nerveuse est rare mais possible et sera réparée si détectée en per-opératoire,
  • des lésions d’étirement du plexus brachial ou des nerfs peuvent s’observer du fait de la traction du bras nécessaire à la réinsertion des tendons,
  • une fracture partielle du trochiter peut être observée sur un os friable lors de la réinsertion des tendons.

 

A DISTANCE :

  • un hématome, malgré le drainage, peut nécessité une évacuation chirurgicale,
  • une infection sur la cicatrice peut être traitée par des soins locaux,
  • une infection, malgré des traitements antibiotiques, peut survenir soit par contamination lors de la chaîne de soin soit à partir d’un foyer infectieux de votre organisme non détecté en pré-opératoire. Cette infection nécessitera, le plus souvent, une reprise chirurgicale pour nettoyage de l’épaule avec un nouveau drainage et une antibiothérapie adaptée,
  • un déficit sensitivo-moteur peut également être observé, lié à des phénomènes d’étirements per-opératoire ou faisant suite au type d’anesthésie réalisé, de type loco-régionale. Ce déficit sensitivo-moteur sera immédiatement exploré par un électromyogramme et dans la majeure partie des cas, récupérera en quelques semaines. Il s’agit de lésions d’étirement (neurapraxie) des nerfs,
  • une raideur douloureuse inhabituelle peut se développer, malgré le traitement préventif, par la Vitamine C, traduisant l’installation d’une capsulite, compliquant la rééducation et la récupération fonctionnelle et nécessitant un traitement spécifique,
  • une re-rupture des tendons peut se produire, précocement ou à distance (40 % dans les ruptures touchant initialement 2 voir plus de 2 tendons) pouvant nécessiter une réintervention. Elle est le plus souvent corrélée à la qualité des tendons, à la taille de la rupture, à l’ancienneté de celle-ci, à votre âge, à la qualité de la rééducation post-opératoire et à la nature de votre activité professionnelle.

 

La chirurgie de la coiffe des rotateurs est donc une chirurgie pleine d’aléas, délicate. Il n’y a pas 2 patients égaux devant une rupture de la coiffe des rotateurs allant être opéré.

L’importance du handicap pré-opératoire peut présager d’une amélioration post-opératoire substantielle mais seule l’évolution post-opératoire permettra d’espérer un résultat maximum.
Malgré ces considérations, la chirurgie de la coiffe des rotateurs, bien décidée sur l’examen clinique et sur les examens complémentaire donne, le plus souvent, des résultats satisfaisants. 

D’autres complications peuvent exister. Votre chirurgien est là pour en discuter, en pré ou en post-opératoire. N’hésitez pas à poser des questions.

Bon courage pour cette intervention.



Docteur Alain MONOD

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