Prothèse totale d’épaule

FICHE D’INFORMATION

Madame, Monsieur,

Vous allez être opéré d’une prothèse totale d’épaule.

IMG 0226Vous souffrez d’une omarthrose ou arthrose de l’articulation gléno-humérale de l’épaule.
Le plus souvent l’atteinte du cartilage touche à la fois le cartilage de l’omoplate ou glène et le cartilage de la tête humérale.
Ceci génère des douleurs, une diminution des amplitudes articulaires ou raideur, une perte de la force musculaire.
L’intervention va consister dans le changement, parfois que de la tête humérale, le plus souvent des deux composants de l’articulation de l’épaule.

Après une consultation auprès de votre médecin puis auprès du chirurgien, un examen clinique de votre épaule sera réalisé ainsi que la prescription d’un bilan radiologique standard de l’épaule associé à une IRM ou un arthroscanner suivant les cas.
En fonction du résultat de ce bilan, une indication de prothèse totale d’épaule sera envisagée.
Il pourra s’agir d’une prothèse totale d’épaule, dite anatomique, si les tendons de la coiffe des rotateurs de votre épaule sont de bonne qualité.

Si les tendons sont de mauvaise qualité ou les muscles solidaires des tendons atrophiés ou siègent d’une dégénérescence graisseuse, une prothèse dite inversée sera alors implantée.
Dans la plupart des cas, la glène osseuse usée sera remplacée par une glène prothétique en plastique chirurgical ou polyéthylène.
La tête humérale sera remplacée par une calotte métallique simple ou renforcée par une tige d’extension prothétique implantée dans la diaphyse humérale.

L’hospitalisation dure entre 3 et 5 jours.

L’intervention dure entre 1h et 1h30 suivant la complexité des cas. Elle se fait en position demi-assise.

L’anesthésie est le plus souvent générale, associée souvent à un complément dit anesthésie loco-régionale, permettant de diminuer ou de supprimer les douleurs post-opératoires au prix d’une paralysie sensitivo-motrice du membre opéré, paralysie temporaire et résolutive en plusieurs heures.

La voie d’abord : Elle est le plus souvent dans le sillon de l’épaule ou voie dite delto-pectorale. Elle peut être plus externe dite voie de l’épaulette.

En fin d’intervention : Un drain fixé sera mis en place dans l’articulation de façon à éviter les hématomes post-opératoires, la fermeture de la plaie se faisant soit par un surjet intra-dermique soit par des agrafes qui seront enlevées au 15è jour.
Le drain est enlevé à 48h.
A la sortie du bloc opératoire, une attelle d’épaule sera placée pour supporter le bras endormi puis pour soulager les douleurs et protéger la cicatrisation du geste opératoire. Elle est gardée 6 semaines.

La rééducation sera démarrée immédiatement le lendemain de l’intervention dans la mesure des douleurs et de l’état général.

La sortie : Après un bilan radiologique de contrôle pour vérifier que tout est bien en place, vous aurez un dossier complet de sortie comportant des consignes pour les pansements, des consignes pour la rééducation et un traitement pour gérer la douleur.
Vous serez revu à 6 semaines de l’intervention pour un bilan radio-clinique.
La prothèse d’épaule est une mécanique de précision, fragile, elle doit être respectée au même titre que les protocoles de rééducation et d’auto-rééducation post-opératoires.

LES COMPLICATIONS

- Les complications per-opératoires : elles sont évitées au maximum.

  • Parfois le mauvais état du stock osseux ou l’importance de la raideur pré-opératoire en sont partiellement responsables.
  • Une fracture de la glène ou de l’humérus peut survenir et nécessité un geste de stabilisation supplémentaire per-opératoire.
  • Une fausse route de la tige humérale qui sort de son trajet intra-huméral peut être observée en per-opératoire ou secondairement.
  • Une plaie vasculaire ou une plaie nerveuse, parfois repérée en per-opératoire ou de diagnostic secondaire, peut également survenir et nécessité une prise en charge, le plus souvent chirurgicale, en urgence ou secondairement.

- Les complications post-opératoires immédiates :

  • Les hématomes précoces ou secondaires, malgré le drain, le plus souvent facilité par les traitements anticoagulants, nécessitent une reprise chirurgicale.
  • Le drain cassé dans l’articulation au moment de son ablation nécessite une reprise chirurgicale pour enlever le fragment restant.
  • La paralysie nerveuse, de découverte à la levée du bloc inter-scalénique, par atteinte du nerf musculo-cutané ou supra scapulaire. Il s’agit le plus souvent d’étirements résolutifs sur quelques mois. Parfois, il peut s’agit de traumatismes plus sévères. Un électromyogramme sera alors réalisé à distance pour préciser les lésions et leur potentiel de récupération avec éventuellement un geste chirurgical associé
  • Une phlébite du membre supérieur peut survenir, nécessitant un traitement anticoagulant.
  • Une luxation, traumatique ou par des gestes inconsidérés, de la prothèse peut se produire nécessitant une réduction par manœuvres externes ou par voie chirurgicale.
  • Une fracture péri-prothétique à la suite d’une chute ou d’un mouvement violent, peut survenir, nécessitant également une reprise chirurgicale.
  • Une infection superficielle mais le plus souvent profonde nécessite une reprise chirurgicale et une antibiothérapie prolongée après avis d’un service d’infectiologie universitaire.
  • Un descellement précoce de la prothèse, en raison d’une mauvaise qualité osseuse, d’un choc, d’une mauvaise implantation ou d’une infection de la prothèse nécessite une réintervention chirurgicale secondaire.

- Les complications ou pseudo-complications à distance :

  • L’infection peut survenir à distance après un intervalle libre. La cicatrice peut être rouge, inflammatoire, il peut y avoir une abcédation. C’est une urgence. Il peut s’agir, jusqu’à un an post-opératoire, d’une infection dite nosocomiale mais avant cette date, d’une infection endogène à partir d’un foyer infectieux contracté par le patient. Une réintervention associée à une antibiothérapie adaptée prolongée sera nécessaire.
  • Un syndrôme algo-neurodystrophique local ou loco-régional propagé à la main peut se manifester par des douleurs anormalement élevées et une raideur articulaire allant en s’aggravant. Ceci nécessite une prise en charge à la fois rééducative et au Centre de la Douleur de l’établissement avec un risque d’hypothéquer le résultat fonctionnel ultérieur.
  • Des douleurs et raideurs résiduelles peuvent persister à distance du fait d’une importante raideur pré-opératoire, d’une mauvaise prise en charge rééducative post-opératoire, d’une mauvaise observance des consignes d’auto-rééducation de la part du patient, de problèmes neurologiques associés, de facteurs de co-morbidités associés (fibromyalgie), d’état catastrophique des tendons, des muscles de la coiffe des rotateurs ou des deltoïdes en pré-opératoire.
  • La luxation traumatique de la prothèse peut nécessité une reprise chirurgicale et un changement partiel des implants pour la restabiliser.
  • Un descellement, à moyen ou long terme, de la prothèse peut s’observer soit traumatique soit par usure de l’insert en polyéthylène produisant un granulome et pouvant nécessité un changement en un ou deux temps de la prothèse.

LA RÉÉDUCATION :

Elle est longue, difficile et nécessaire.
Elle nécessite un kinésithérapeute compétent et disponible.
Elle nécessite une implication complète du patient par des exercices d’auto-rééducation, pluri-quotidien et de longue haleine.
L’implantation de la prothèse totale d’épaule est responsable de 50% du résultat fonctionnel, la rééducation des 50% restants.
Cette rééducation peut nécessité 6 mois de rééducation en présence d’un kinésithérapeute, elle peut s’étaler jusqu’à un an en post-opératoire en demandant au patient de continuer à faire ses exercices d’auto-rééducation enseignés.

Un contrôle, à 6 semaines, 6 mois, un an et tous les ans de votre prothèse d’épaule sera réalisé.

Cette fiche n’est pas exhaustive, elle essaye d’être au plus près de la réalité de cette chirurgie.

Je reste en permanence à votre disposition si vous avez des questions à poser ou si vous avez des inquiétudes à votre domicile. N’hésitez pas à me contacter. Bon courage.



Docteur Alain MONOD

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